mardi, 30 juin 2009
Le Petit Echo de la Mode, 1° épisode
Ce nouvel exemplaire du Petit Echo de la Mode est le numéro 39, du 26 septembre 1948.

Il compte toujours 16 pages, comme le précédent, mais il faut débourser maintenant 8 francs pour l'acheter. Au mois de mai, il n'en coûtait que 6 francs. Belle augmentation !

Nous commençons notre lecture en souhaitant Bonne Fête. Et j'apprends à cette occasion qu'il existait deux coutumes : la souhaiter soit au jour de l'anniversaire de naissance, soit au jour de la fête de nom indiquée sur le calendrier, certaines personnes préférant célébrer les deux dates.
La fête d'anniversaire était alors beaucoup plus célébrée à l'étranger que la fête de nom, « surtout dans les pays nordiques appartenant pour la plupart à la religion réformée ». Par contre, c'était la tradition en France de choisir le jour de la fête de nom. « C'est la manière conforme à l'esprit chrétien. » De plus, « Cet usage permet à tous les amis et obligés d'offrir leurs vœux, car le prénom est généralement connu et la date d'anniversaire ignorée. Vraiment, n'abandonnons pas, comme on a tendance à le faire, cette belle tradition. »
Puis, suivent divers conseils sur l'art et la manière de célébrer la fête, les cadeaux à offrir... et enfin, ceci : « Pour un anniversaire, la jolie coutume anglaise est de plus en plus suivie : piquer autour du gâteau autant de bougies qu'il y a d'années. On les allume au dessert, puis le héros de la fête, ou le plus jeune convive, souffle dessus. Et on mange joyeusement le gâteau. »
Dans « Le jardin des âmes », Liselotte évoque le douloureux problème de la femme qui doit choisir entre aller travailler pour améliorer le niveau de vie de la famille ou rester à la maison pour s'occuper de celle-ci. Extrait choisi :
« Voyez ce qui se passe dans le foyer normal (!) où il y a père et mère : le père absent toute la journée peut exercer, le soir, le dimanche, pendant les vacances, une sorte de royauté. Par votre sagesse, votre calme fermeté, votre affectueuse attention aux besoins particuliers de chaque enfant, vous pouvez exercer, vous aussi, cette royauté d'amour. »

En page suivante, est abordé l'étonnant sujet des « Guérisseurs et sorciers. Dépositaires de traditions lointaines, rebouteux, guérisseurs et sorciers trouvent encore, au siècle de la pénicilline, une clientèle crédule. Comment expliquer leur survivance ? » A la fin de son exposé, l'auteur conclue que : « La croyance aux sorciers est en certaines régions encore si vivace que la question ne se peut se trancher d'un mot. »
En page 4, il est question de la « Promotion des femmes », article introduit par cette phrase : « Napoléon s'exclamait un jour, non sans humeur : « En France, les femmes sont partout ! ». Et l'auteur, Claude Bertrand, insiste : « ... les femmes sont partout. Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? C'est un fait. »
L'occasion de découvrir un peu cette histoire...
En 1893 déjà, la Nouvelle-Zélande accordait le droit de vote aux femmes ; en 1907, la Finlande leur donnait les mêmes droits civils et politiques qu'aux hommes ; suivaient, sur cette voie, les autres pays scandinaves, les Etats-Unis, l'U.R.S.S. (et de nombreux autres pays aussi, il me semble) ; en France, comme vous le savez, nous attendrons 1945 pour aller aux urnes.
Par contre (en 1948), « la Suisse refuse obstinément aux femmes la qualité de citoyennes » ; « les belges ne sont électrices qu'aux municipales,... mais toutes peuvent être élues député ou sénateur (remarquez qu'il n'y a pas de féminin, à l'époque) et désignées pour n'importe quelle fonction publique, sauf la magistrature. »
« En aucun pays les femmes ne sont exclues des écoles. Tous les degrés de l'enseignement leur sont ouverts » ; et « En cas de guerre ou de nécessité nationale, les femmes seront, comme les hommes, assujetties au travail obligatoire. Porteront-elle l'uniforme ? Aucune nation, parait-il, n'a donné de réponse à ce sujet. » Voilà pour l'état des lieux.
« Que penser de cette évolution ? » Belle question en conclusion ! Et la réponse... :
« Il est vain de lutter contre le courant. Vain aussi de récriminer. Mieux vaut chercher les moyens d'élever le niveau moral (!) et intellectuel des femmes, afin que celles-ci apportent dans leurs fonctions, dans leurs activités nouvelles, un sérieux et une compétence qui serviront au bien commun... »
Enfin, finissons notre longue lecture du jour par un sujet tout léger : comment coiffer nos chères « têtes blondes et brunes ».

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Commentaires
merci ! que de débats possibles avec ton super feuilleton !
Ecrit par : kate Coto | mardi, 30 juin 2009
A ce genre de lecture, on peut mesurer l'évolution des mentalités, en effet !
Je me régale aussi !
Ecrit par : Sylvie BG | mardi, 30 juin 2009
"mais toutes peuvent être élues député ou sénateur (remarquez qu'il n'y a pas de féminin, à l'époque)". Aïe aïe! L'Académie Française a statué: député, sénateur (et aussi maire, ministre, ...) est une fonction (et pas une personne) et donc ne prend pas le féminin. D'ailleurs, dans le même registre, une sentinelle est bien souvent un homme.
Ecrit par : Sophie | mardi, 30 juin 2009
Oups ! je ne le savais pas Sophie ! Merci donc pour cette info.
Mais chez nous, dans notre petit village, notre adjointe est sénatrice ! Elle le dit, nous le disons et c'est écrit sur tous les documents. A force, peut-être arriverons-nous à convaincre l'Académie !
D'ailleurs qui se plie à ses décisions ? La féminisation, même des fonctions, est partout et c'est tant mieux ! L'Académie a tranché mais je suis sûre que ce n'est pas son dernier mot. A mon avis, on n'a pas fini d'en parler.
Pour maire, je préfère quand même la version unique. "Mairesse", franchement, c'est assez laid !
Ecrit par : Sylvie BG | mardi, 30 juin 2009
génial .. c'est en lisant ceux de ma grand mère que j'ai attrapé le virus de la couture , un grand merci !!!!!!!!!!!
Ecrit par : joline-103 idées | vendredi, 03 juillet 2009
Quand je vois cette discussion sur la féminisation des "titres", ça me fait rigoler... M'enfin, le Québec semble se balancer un peu des académiciens français car tout est féminisé depuis belle lurette, y compris les "mairesses", (depuis que les femmes ont pu occuper ce poste évidemment !)
Je suis surprise de lire que de fêter le jour de la fête du nom est plus "chrétien"(et le Québec a été hyper dominé par la religion, associée même à la politique, l'éducation, les hôpitaux, jusqu'en 1960), ça n'a jamais existé que je me souvienne chez moi, ni même du temps de ma grand-mère née en 1887... Le jour de mon anniversaire, c'est sainte Euphrasie !( ça me donne des frissons...)
Ecrit par : Esther | lundi, 06 juillet 2009
Vive le Québec... et la féminisation des fonctions ! Et même les "mairesses", tiens !
J'ai également été surprise par ce que j'ai lu sur la fête de nom ou l'anniversaire. Mais cela explique peut-être pourquoi ma grand-mère n'oubliait jamais de nous souhaiter les deux. Pour l'anniversaire, on avait droit à un cadeau, pour la fête de nom, une jolie carte ou une petite babiole. Je crois qu'elle était croyante, mais je ne l'ai jamais vu aller à la messe. Autres lieux, autres mœurs, sans doute !
Aujourd'hui, du moins chez nous, les fêtes de nom ne sont plus souhaitées. Sauf la St Luc (pour Lucas). Il est le seul à y penser et il demande alors s'il ne pourrait pas avoir un petit cadeau "puisque c'est ma fête ! "
Ecrit par : Sylvie BG | lundi, 06 juillet 2009
Toujours un vrai bonheur de retrouver les pages de ce Petit Echo de La Mode.....
Ecrit par : Une Fée dans l'Atelier | mardi, 07 juillet 2009
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